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very hush hush, the - washing songs ep
very hush hush, the
washing songs ep
self-released
2004
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raw translation
http://www.theveryhushhush.com/
: recommandé par dérives
La seule tristesse avec The Very Hush Hush est qu’il faudra bien écouter d’autres disques après le leur et que ce décalage demandera une phase de réadaptation.

Grande découverte, très grande découverte que ce trio de Denver et probable meilleur ep de 2004 avec la même évidence et transcendance qu’on avait pu ressentir lors du ’27:36’ de Gregor Samsa en 2003.

Déjà une pochette plus que superbe, dans l’esthétique Factory Records, et des rapprochements musicaux qui ne permettront qu’à peine de situer le miracle inattendu de leur musique. Quelque part entre Havergal et Hood ? Entre Spoonfed Hybrid et L’Altra ? entre Album Leaf et les Early Day Miners ? entre Gregor Samsa et Weevil ? entre Seam et Saso ?

Bang, vous êtes morts. Mais l’addiction ne fait que commencer, ces vingt-cinq minutes collent à la peau, elles vont vous mettre dans des états pas possibles de mélancolie introspective et rêveuse. C’est que The Very Hush Hush est à cet instant précis de l’histoire plus fort que tout le monde, leurs chansons sont à la fois très complexes et d’une simplicité, d’une limpidité vaporeuse troublante. Elles nous entraînent, nous bercent entre voie lactée et océans, nous font frissonner, pleurer et décoller du sol.

Ca commence avec ‘That Look’, qui lors des premières écoutes n’a l’air de rien, mais qui au fur et à mesure se révèlera comme une des meilleures chansons qu’il vous sera donné d’écouter en boucle de toute votre existence. Le chanteur chuchote, mais rarement filet de voix n’a été aussi planant et émouvant. Batterie, claviers et guitare multiplient à l’infini les reflets comme autant de processus ondulatoires qui accroissent nos vibrations émotionnelles intérieures. C’est d’une beauté affolante.

The Very Hush Hush pourrait multiplier à l’infini cette grâce, mais le second titre nous fera plutôt découvrir une autre facette histoire de faire comprendre que l’univers esthétique du groupe est bien plus largement étendu. ‘Bed turned down’ se fait dans son introduction plus électronique avant d’aller traîner ses guêtres dans des territoires dépressifs mais faussement désabusés où l’on n’avait croisé jusque là qu’un Havergal. Du piano, un chant intérieur et des nappes comme navires à la détresse. On traverse des brumes givrantes et la vapeur souligne nos conversations. Le trio impressionne fortement en choisissant des chemins de traverse peu fréquentés. Cette chanson de près de huit minutes est sans réel équivalent.

Si la première chanson du ep canonise immédiatement le groupe, c’est pourtant sur la troisième qu’après un stage intense d’écoute et une conversion totale à leur cause qu’on finira par s’accorder pour dire qu’elle est le meilleur compte-rendu de l’amplitude de ce groupe débarqué comme ça de nulle part dans notre quotidien. Huit minutes trente de complète désorientation, où chaque son vient compléter les précédents, où la ligne mélodique tourne lentement sur elle-même, s’élève en vrille de troubles en respirations profondes, de mélancolies en plénitudes. Une batterie slowcore propulse l’ensemble, aidée de nappes shoegazer, d’un piano fragile et d’un chant aussi retenu qu’incroyablement touchant. Certes The Very Hush Hush n’est pas pour tout le monde, mais sera le paradis même pas imaginable de certains. A l’écoute de la montée discrète en dernière partie de morceau, le mot chef-d’œuvre clignote en grosses lettres fluorescentes devant les yeux. Quelque chose comme le summum du bonheur musical. Très haut dans les sphères The Very Hush Hush croise peu d’élus.

C’est étrangement à la dernière plage – la moins impressionnante quoique encore très bien tenue -, un instrumental qui voit le groupe s’approcher des terrains de prédilection de Album Leaf mais dans un registre plus haletant et désespéré, que revient l’honneur de donner le nom à ce premier ep auto-produit.

Bonne nouvelle : un split ep avec nos autres chouchous de Bear vs Larger Bear est annoncé pour bientôt, ainsi qu’un premier album. Attendez-vous donc à réentendre parler d’eux ici. Avec The Very Hush Hush, la vie devient rêvée, mélancolique et sans limite, entre apesanteur et poursuite d’un bonheur qui s’échappe et vers lequel on vogue serein.
Didier Goudeseune 20 Mar 04
 
 

 
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